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jeudi 11 juin 2009

Nous et les autres


Nous et les autres. Joël Roman et Houria Bouteldja
par France-culture

Qu’est-ce qu’ont en commun la crise des banlieues, le foulard islamique, la délinquance des mineurs, les retentissements hexagonaux des conflits au Moyen-Orient, les débats sur la mémoire et l’histoire à propos de l’esclavage ou du colonialisme ? En un sens, rien, les occasions sont différentes, voire très éloignées, les problèmes, sans commune mesure, les questions posées ne sont pas du même ordre. Pourtant, une même grille de lecture s’impose, qui organise la présentation des choses, scande le discours médiatique, structure les catégories intellectuelles en reconduisant sans cesse la même polarité : " eux " et " nous ". Entre réprobation et injonctions, les jeunes et moins jeunes issus des immigrations post-coloniales sont ainsi érigés en fauteurs de troubles, voire en ennemis, et convoqués afin de réassurer une identité nationale républicaine. Ce clivage invite ainsi à reposer la question : qu’est-ce qui fonde une communauté politique ?

Avec Joël Roman, philosophe, directeur de la collection " Pluriel " (Hachette Littératures) et Houria Bouteldja, porte parole du Mouvement des indigènes de la république.

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/nouveau_prog/creation/popupMP3.php ?id=255000134&s=30&p=58


vendredi 29 mai 2009

Interview de Houria Bouteldja


Indigènes de la République

Votre mouvement s’inspire des valeurs du 8 Mai 45 ; que signifie cette date pour vous ?

C’est une date politique parce qu’elle renvoie à la fin de la France de Vichy, le rétablissement de la République et l’Etat de droit, et c’est justement ce jour là que la France républicaine commet un massacre. La France qui a la prétention d’être égalitaire, républicaine, droitdelhommiste, (et là on ne peut pas dire que c’est la France de Vichy qui commet un massacre) envoie son armée massacrer des Algériens qui voulaient la même chose que les Français, c’est-à-dire leur liberté, c’est éminemment politique. Mais, finalement, rien n’a changé maintenant. 64 ans après, la France entretient toujours les mêmes contradictions, à savoir une France qui prétend être universaliste, droitdelhommiste alors qu’elle discrimine à grande échelle. Elle cultive toujours le même rapport impérialiste en Afrique et par rapport à Israël. On ne peut pas être le pays des droits de l’Homme et impérialiste à la fois. Ni être le pays des droits de l’Homme et discriminer les issus de l’immigration et les considérer comme des sous-citoyens, c’est-à-dire des indigènes. La date du 8 Mai 45 est intéressante du fait qu’elle montre que le racisme n’est pas du tout un accident de l’histoire de la France, mais il est inhérent à la République. Comme le massacre du 17 octobre 1961 à Paris n’est pas un accident. La France a fait la même chose avec les juifs. C’est pour cela que le mouvement des indigènes de la République est un mouvement politique qui a la prétention de vouloir réformer la France dans ses structures. Le Parti des indigènes de la république (PIR) existe depuis 2005. Sa création a provoqué un énorme tollé chez les intellectuels et dans la presse notamment de gauche parce que nous apportons un éclairage nouveau sur la société concernant les gens issus de l’immigration en France sur la base d’une idée selon laquelle la France reste un pays colonial. Ses institutions, ses lois, la manière dont elle perçoit les gens issus de l’immigration est un héritage colonial. A partir de là, nous considérons que le racisme en France est structurel, n’est pas du tout circonscrit au Front national (FN) de Jean Marie Le Pen. Il traverse la société de part en part. C’est justement cela qui n’a pas été dit par la gauche. Nous pensons que seuls les rapports de force peuvent changer la réalité sociale en France dans le sens d’un pays moins raciste.

vendredi 15 mai 2009

Discours de Houria Bouteldja et mise au point sur les 'ennemis de nos ennemis'



Indigènes de La République


Nous nous en serions probablement moins souciés si Dieudonné ne bénéficiait d’une surexposition médiatique, entretenue à dessein par nos adversaires pour stigmatiser à travers lui l’ensemble des communautés noires, arabes et musulmanes. Mais le plus grave est que le débat nécessaire sur le sionisme et la politique européenne (et française) vis-à-vis de l’Etat d’Israël a été ainsi occulté par une polémique sur la personnalité et le rôle de Dieudonné.

Qu’on ne nous dise pas que Dieudonné est un humoriste ou qu’il subvertit la politique en transgressant les lignes rouges. Le message qu’il communique aux nôtres à travers ses prises de position politiques est extrêmement dangeureux : l’extrême-droite est une « victime » du système politique, l’extrême-droite est antisioniste, l’extrême-droite est nationaliste tout comme nous, l’extrême-droite est donc notre alliée « naturelle ». Rien n’est plus faux ! L’extrême-droite n’est pas une « victime » du système politique, elle en est le produit ; elle constitue la tendance la plus dure du racisme français ; l’extrême droite n’est pas antisioniste (certains de ses courants sont pro-sionistes par haine des Arabes, d’autres se déclarent solidaires du peuple palestinien par haine des juifs en tant que juifs) ; quant au nationalisme de l’extrême-droite, c’est un nationalisme parfaitement impérialiste, colonialiste et raciste qui n’a rien à voir avec notre lutte pour la libération nationale des peuples opprimés.

En s’alliant avec l’extrême-droite, quel que soit le visage qu’elle se donne, Dieudonné et ses semblables ("la banlieue s’exprime", Kemi Seba, Centre Zahra, etc....) effacent sans scrupules plus de quarante ans de lutte de l’immigration contre l’extrême-droite ; ils insultent la mémoire de tous ceux qui se sont battus contre le colonialisme. Que Dieudonné en soit conscient ou non, il fait ainsi le jeu du sionisme qu’il prétend combattre.

dimanche 22 juin 2008

Et souchiste? Ca va?


Indigènes


De mon exil Québécois, j’ai découvert avec stupeur les propos
du ministre de l’immigration et de l’identité nationale au sujet de Houria
Bouteldja et du Mouvement des Indigènes de la République. Après un moment j’ai
été ravi de constater que finalement en France tout va pour le mieux, vu qu’un
ministre en fonction, ici le ministre Hortefeux, a beaucoup de temps à consacrer
à l’interprétation linguistique puis à la traque de ce qu’il estime être un
langage délictueux. Alors évidemment Houria Bouteldja, après le tollé soulevé
par son expression « souchien », auprès des journalistes souffrant de
paranoïa auditive à géométrie variable (vu que les insultes
« Redekiennes » et quotidiennes envers les musulmans semblent être de
bon goût), avait expliqué que bien sûr il s’agit d’un jeu de mot avec le
qualificatif « de souche », exercice ironique que toute personne de
bonne foi (j’hésite d’ailleurs à utiliser le mot « foi » car il semble
tabou en France…) comprenait très bien du reste.
Ce qui me surprend plutôt de
la part des médias qui invitent Hortefeux à aligner des phrases, c’est
l’acceptation tranquille et extrêmement dangereuse de ce même concept coloniale
et raciste qu’est : « français de souche ». La langue Française
étant si riche, elle permet cette belle gymnastique verbale à fin de ne pas dire
« Blanc », car dans le fond, nous savons tous quelle image mental nous
devons recevoir en entendant « Français de souche »...
Alors, on
l’aura compris, Hortefeux est bien « de souche » lui, et il ne permet
pas que sa « souche » soit moquée ! Surtout par une indigène. Vu
que le ministre a le temps entre quatre rafles de femmes « sans
papiers » (celles à qui le président Sarkozy avait promis l’aide de la
France lors de son discours d’élection… ?), de se lancer dans la deuxième
croisade, c’est-à-dire après celle de la pensée unique, celle du langage
unique ; je souhaiterai ardemment qu’il nous explique, dans l’Express
pourquoi pas, quels sont les Français, qui selon lui, se qualifient comme
« souchistes » ? Est-ce que seul un « souchiste » peut
se moquer d’un « souchiste » ? Existe-t-il des « Français de
demi souche » ? Ou encore de « quart de
souche » ?
Sur un plan très personnel, une partie de ma famille a
du fuir la France en 40, justement parce que sa « souche » n’était pas
suffisamment française aux yeux des autorités Françaises de l’époque. Le 27
septembre 1940, le gouvernement Français sortait une « loi »
permettant d’interner les « étrangers » (tiens tiens…) censés être
trop nombreux pour le bien de l’économie française. Précisons qu’ils avaient
pourtant « les papiers », ce qui prouve bien que quand la
« souche » le décide, les papiers ne sont plus garants de
l’appartenance à la collectivité…
Le fait que l’on ait maintenant un
ministère de l’identité national me fait horreur, mais qu’en plus son ministre
se permette de venir nous dire comment parler, est une aberration inquiétante
pour l’avenir proche.
Je vous répète donc ma question
Mr Hortefeux : si j’ai bien compris, le concept de « Français de
souche » ne vous gène pas le moins du monde, ce qui vous choque c’est
simplement que l’on s’en moque. Que pensez vous de
« souchiste » ? Ça va ?
Philippe Kohn (Montréal, le
20juin08)

lundi 2 juin 2008

Un autre regard sur un fait divers



Il est clair que le texte qui suit provient d'un site d'opinion critique à l'encontre des autorités de ce pays. Il ne faudrait pourtant pas s'imaginer que nos médias télévisés, radiophoniques ou sur papier sont autre chose que l'opinion de nos gouvernants pré-machée à l'usage des citoyens, qui, faut-il croire, ne pourraient sans cela pas la digérer. Alors, tant qu'à s'informer et commenter, autant diversifier!


MIR
Extraits:

Clarifier ce qui a été flouté

Devant le juge, l’épouse reconnaît avoir menti. La demande d’annulation, pour laquelle les deux conjoints s’étaient accordés, la précision s’impose aussi, a été décidée par le tribunal de grande instance de Lille le 1er avril dernier sur la base du mensonge reconnu par la jeune épouse.


Appel à l'intervention de l'état dans les décisions de justice...

Certains iront jusqu’à demander, comble de l’absurde, à ce que l’État se substitue à l’ex-épouse pour faire appel de la décision et annuler l’annulation… Les déclarations du porte-parole du ministère de la Justice, selon qui ce n’est pas la virginité mais le mensonge qui a été l’objet du jugement, sont repoussées avec mépris.


Clarifier à nouveau

Les contrevérités les plus éhontées sont proférées avec une assurance impressionnante. Ainsi, seuls les musulmans sont désignés à la vindicte en tant qu’adorateurs pathologiques de la virginité féminine qui ferait partie du corpus de leur religion. Bien sur, il n’en est rien, aucune disposition du droit musulman ne fait état de l’obligation de virginité pour le mariage, il s’agit d’un héritage patriarcal en évolution. Il demeure néanmoins que la condamnation des relations sexuelles hors mariage est l’un des éléments que l’on peut déplorer mais qui est commun à de nombreuses traditions, la catholique n’étant pas en reste de ce point de vue.


Détournement d'attention


Il est intéressant de noter que le jour même ou cette « polémique » est lancée, l’INED – l’Institut français des études démographiques — publie un rapport accablant sur les violences faites aux femmes en France. Ce rapport est sobrement présenté dans la presse, personne ne s’attardant outre mesure sur un état des lieux particulièrement peu flatteur pour ceux qui présentent leur modèle social comme l’indépassable zénith de l’humanisme.

mardi 27 mai 2008

A vous de voir

Source photo


Je ne compte pas faire une étude poussée, mais je laisse les lecteurs décider pour eux-mêmes quelle est la place donnée sur la place publique à une attaque raciste comme celle qui suit par rapport à une banderole de supporters insultant les gens du 'chNord...


Express

Une bande de supporters du PSG ont agressé un jeune homme samedi 24 mai à la station de RER Saint Michel, selon la radio Bleu Ile-de-France.


Selon la radio France Bleu Ile-de-France, une bande de supporters du Paris Saint-Germain serait à l'origine d'une agression raciste commise avant la finale de la coupe de France PSG-Lyon, samedi 24 mai dans la soirée.

Les faits se seraient déroulés à la station de RER Saint-Michel, dans le centre de Paris. Ils impliqueraient une centaine de supporters, issus de la frange la plus dure du kop de Boulogne. Ces derniers auraient fait le salut nazi et scandé des slogans nationalistes dans les couloirs du RER.

Une trentaine de supporters s'en sont alors pris violemment à un jeune homme d'origine maghrébine présent sur le quai. La victime, défigurée, ne doit son salut qu'à l'arrivée du RER et à plusieurs personnes qui l'ont protégée de ses agresseurs.

Suite à cet événement criminel, SOS Racisme souligne la nécessité de solutions durables contre les dérives de tels supporters.


jeudi 21 février 2008

8 Mai 2008 : Marche des Indigènes


REUNION PUBLIQUE DE LANCEMENT DE CETTE INITIATIVE LE VENDREDI 22 FEVRIER, 19H, A LA MAISON VERTE 127 RUE MARCADET 75018, Métro Jules Joffrin

Le 8 mai prochain, MARCHONS pour montrer que le chemin de la dignité passe par la convergence, au sein d’une même organisation politique autonome, antiracialiste et décoloniale, de tous ceux qui sont aujourd’hui traités comme des indigènes.

En France, des nostalgiques semblent regretter le temps béni des colonies… Mais qu’on les rassure ! Ce temps-là est loin d’être mort ! L’Etat français s’en porte en effet garant : il entretient la continuité coloniale à la française : le racisme républicain. Ainsi, qu’a t-on récolté depuis les élections présidentielles ?

- Un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, chargé de préserver la suprématie blanche et chrétienne,

- une criminalisation des sans-papiers, une politique « d’immigration choisie » et une précarisation de l’emploi faisant des immigrés une main-d’œuvre flexible et jetable,

- une politique sécuritaire, racialiste et liberticide, un plan anti-banlieues, désignant les habitants des quartiers populaires en classes dangereuses et ennemis intérieurs : racailles et islamistes,

- un soutien sans faille à la politique guerrière des Etats-Unis et au colonialisme sioniste d’Israël,

- un renforcement de la politique « françafricaine », accompagné de discours colonialistes ouvertement racistes,

- une répression accrue des mouvements de lutte dans les colonies comme en Kanakie.

Le président de la république poursuit, renforce et assume une politique de préférence raciale, entretenue plus ou moins discrètement par ses prédécesseurs à la tête de l’Etat, aidé en cela par une offensive racialiste généralisée en Europe, sur fond de « choc des civilisations ».

Et pour neutraliser nos révoltes et nos résistances, Mr Sarkozy exhibe ses marionnettes noires, arabes et/ou musulmanes !

Notre devoir est d’organiser nos résistances et nos luttes. Ne continuons pas dans la division ; cessons de nous mobiliser de manière ponctuelle ou dispersée, ou encore en confiant à d’autres le soin de lutter à notre place. Aujourd’hui, aucune force organisée n’est l’expression de notre volonté politique.

IL EST URGENT POUR NOUS DE RASSEMBLER NOS FORCES ET DE CONSTITUER NOTRE PROPRE ORGANISATION POLITIQUE, capable :

- d’agir dans tous les lieux de confrontation sociale et politique,

- d’investir les espaces médiatiques et institutionnels,

- d’influer sur les rapports de force pour contrecarrer les politiques racistes.

Parce que le racisme est l’œuvre d’un système politique, économique, politique et culturel bien ancré, défendre nos intérêts dans les quartiers, les entreprises, les écoles…, construire l’égalité de traitement, la justice pour tous et la citoyenneté, imposer le respect du droit des peuples à l’autodétermination, passe nécessairement par l’investissement du champ politique.

Le 8 mai prochain, nous marcherons pour affirmer qu’à travers nos luttes nous poursuivons le combat de nos ancêtres : Africains déportés et réduits en esclavage , colonisés et immigrés.

Le 8 mai prochain, nous marcherons pour célébrer les résistances des peuples qui ont imposé l’abolition de l’esclavage, ainsi que la grande victoire du peuple vietnamien, à Dien Bien Phu, le 7 mai 1954.

Le 8 mai prochain, nous marcherons pour rappeler que le jour même où la France fêtait la fin de l’occupation nazie, la République massacrait des milliers de manifestants algériens à Sétif et Guelma, quelques mois après le massacre de Thiaroye (Sénégal), inaugurant ainsi un nouveau cycle de meurtres de masse dans les colonies, comme à Madagascar en 1947.

Le 8 mai prochain, nous marcherons, 60 ans après l’expulsion des Palestiniens de leurs terres, pour exiger des autorités françaises qu’elles cessent de soutenir Israël.

Le 8 mai prochain, nous marcherons, pour que la France ne participe plus à la politique occidentale de domination et de destruction politique, économique et culturelle (Irak, Congo, Haïti, Afghanistan, Tchad…)

Le 8 mai prochain, nous marcherons pour souligner le formidable engagement des travailleurs immigrés dans les grèves ouvrières qui ont marqué la révolte de mai 1968, il y aura 40 ans cette année.

Le 8 mai prochain, MARCHONS pour montrer que le chemin de la dignité passe par la convergence, au sein d’une même organisation politique autonome, antiracialiste et décoloniale, de tous ceux qui sont aujourd’hui traités comme des indigènes !

Paris, le 10 février 2008

Le Collectif de la Marche décoloniale du 8 mai

Le Collectif de la Marche décoloniale du 8 mai est composé des associations suivantes :

Association des Etudiants de Culture Africaine de Lyon (AECAL), Association des Etudiants kanaks, Cercle de Réflexion Citoyenne de Mantes-la-Jolie, Collectif Racisme et Discriminations de la Société Renault, Comité des familles pour survivre au SIDA, Groupe Frantz Fanon de Bagnolet, Les Indigènes de Belgique, KARITE panafricaine des droits de l’homme et de la diversité (LYON), Kolektif réunionnais SORT DOVAN, Mouvement des Indigènes de la République (MIR), Mouvement pour une Nouvelle Humanité (MNH), les Républicains Basanés, Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT), Véto ! (Garges-Sarcelle)

Par ailleurs, l’écrivain anticolonialiste Raphaël Confiant nous a exprimé son total soutien.

Participer, soutenir.

Si vous souhaitez contribuer à notre combat, n’hésitez pas à nous contacter :

Téléphone : 06 50 12 38 74 Email : collectif@marche8mai.org