Nous et les autres. Joël Roman et Houria Bouteldja
par France-culture
Qu’est-ce qu’ont en commun la crise des banlieues, le foulard islamique, la délinquance des mineurs, les retentissements hexagonaux des conflits au Moyen-Orient, les débats sur la mémoire et l’histoire à propos de l’esclavage ou du colonialisme ? En un sens, rien, les occasions sont différentes, voire très éloignées, les problèmes, sans commune mesure, les questions posées ne sont pas du même ordre. Pourtant, une même grille de lecture s’impose, qui organise la présentation des choses, scande le discours médiatique, structure les catégories intellectuelles en reconduisant sans cesse la même polarité : " eux " et " nous ". Entre réprobation et injonctions, les jeunes et moins jeunes issus des immigrations post-coloniales sont ainsi érigés en fauteurs de troubles, voire en ennemis, et convoqués afin de réassurer une identité nationale républicaine. Ce clivage invite ainsi à reposer la question : qu’est-ce qui fonde une communauté politique ?Avec Joël Roman, philosophe, directeur de la collection " Pluriel " (Hachette Littératures) et Houria Bouteldja, porte parole du Mouvement des indigènes de la république.
jeudi 11 juin 2009
Nous et les autres
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Jez
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10:08
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Libellés : communautarisme, communautés, houria bouteldja, indigènes, républicanisme
vendredi 29 mai 2009
Interview de Houria Bouteldja
Votre mouvement s’inspire des valeurs du 8 Mai 45 ; que signifie cette date pour vous ? C’est une date politique parce qu’elle renvoie à la fin de la France de Vichy, le rétablissement de la République et l’Etat de droit, et c’est justement ce jour là que la France républicaine commet un massacre. La France qui a la prétention d’être égalitaire, républicaine, droitdelhommiste, (et là on ne peut pas dire que c’est la France de Vichy qui commet un massacre) envoie son armée massacrer des Algériens qui voulaient la même chose que les Français, c’est-à-dire leur liberté, c’est éminemment politique. Mais, finalement, rien n’a changé maintenant. 64 ans après, la France entretient toujours les mêmes contradictions, à savoir une France qui prétend être universaliste, droitdelhommiste alors qu’elle discrimine à grande échelle. Elle cultive toujours le même rapport impérialiste en Afrique et par rapport à Israël. On ne peut pas être le pays des droits de l’Homme et impérialiste à la fois. Ni être le pays des droits de l’Homme et discriminer les issus de l’immigration et les considérer comme des sous-citoyens, c’est-à-dire des indigènes. La date du 8 Mai 45 est intéressante du fait qu’elle montre que le racisme n’est pas du tout un accident de l’histoire de la France, mais il est inhérent à la République. Comme le massacre du 17 octobre 1961 à Paris n’est pas un accident. La France a fait la même chose avec les juifs. C’est pour cela que le mouvement des indigènes de la République est un mouvement politique qui a la prétention de vouloir réformer la France dans ses structures. Le Parti des indigènes de la république (PIR) existe depuis 2005. Sa création a provoqué un énorme tollé chez les intellectuels et dans la presse notamment de gauche parce que nous apportons un éclairage nouveau sur la société concernant les gens issus de l’immigration en France sur la base d’une idée selon laquelle la France reste un pays colonial. Ses institutions, ses lois, la manière dont elle perçoit les gens issus de l’immigration est un héritage colonial. A partir de là, nous considérons que le racisme en France est structurel, n’est pas du tout circonscrit au Front national (FN) de Jean Marie Le Pen. Il traverse la société de part en part. C’est justement cela qui n’a pas été dit par la gauche. Nous pensons que seuls les rapports de force peuvent changer la réalité sociale en France dans le sens d’un pays moins raciste.
Indigènes de la République
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Jez
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Libellés : anti-colonialisme, assimilation, houria bouteldja, indigènes, intégration
vendredi 15 mai 2009
Discours de Houria Bouteldja et mise au point sur les 'ennemis de nos ennemis'
Nous nous en serions probablement moins souciés si Dieudonné ne bénéficiait d’une surexposition médiatique, entretenue à dessein par nos adversaires pour stigmatiser à travers lui l’ensemble des communautés noires, arabes et musulmanes. Mais le plus grave est que le débat nécessaire sur le sionisme et la politique européenne (et française) vis-à-vis de l’Etat d’Israël a été ainsi occulté par une polémique sur la personnalité et le rôle de Dieudonné.
Qu’on ne nous dise pas que Dieudonné est un humoriste ou qu’il subvertit la politique en transgressant les lignes rouges. Le message qu’il communique aux nôtres à travers ses prises de position politiques est extrêmement dangeureux : l’extrême-droite est une « victime » du système politique, l’extrême-droite est antisioniste, l’extrême-droite est nationaliste tout comme nous, l’extrême-droite est donc notre alliée « naturelle ». Rien n’est plus faux ! L’extrême-droite n’est pas une « victime » du système politique, elle en est le produit ; elle constitue la tendance la plus dure du racisme français ; l’extrême droite n’est pas antisioniste (certains de ses courants sont pro-sionistes par haine des Arabes, d’autres se déclarent solidaires du peuple palestinien par haine des juifs en tant que juifs) ; quant au nationalisme de l’extrême-droite, c’est un nationalisme parfaitement impérialiste, colonialiste et raciste qui n’a rien à voir avec notre lutte pour la libération nationale des peuples opprimés.
En s’alliant avec l’extrême-droite, quel que soit le visage qu’elle se donne, Dieudonné et ses semblables ("la banlieue s’exprime", Kemi Seba, Centre Zahra, etc....) effacent sans scrupules plus de quarante ans de lutte de l’immigration contre l’extrême-droite ; ils insultent la mémoire de tous ceux qui se sont battus contre le colonialisme. Que Dieudonné en soit conscient ou non, il fait ainsi le jeu du sionisme qu’il prétend combattre.
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Libellés : anti-colonialisme, antisionisme, Dieudonné, houria bouteldja, indigènes, La banlieu s'exprime, Parti Anti Sioniste, racisme
dimanche 22 juin 2008
Et souchiste? Ca va?
De mon exil Québécois, j’ai découvert avec stupeur les propos
du ministre de l’immigration et de l’identité nationale au sujet de Houria
Bouteldja et du Mouvement des Indigènes de la République. Après un moment j’ai
été ravi de constater que finalement en France tout va pour le mieux, vu qu’un
ministre en fonction, ici le ministre Hortefeux, a beaucoup de temps à consacrer
à l’interprétation linguistique puis à la traque de ce qu’il estime être un
langage délictueux. Alors évidemment Houria Bouteldja, après le tollé soulevé
par son expression « souchien », auprès des journalistes souffrant de
paranoïa auditive à géométrie variable (vu que les insultes
« Redekiennes » et quotidiennes envers les musulmans semblent être de
bon goût), avait expliqué que bien sûr il s’agit d’un jeu de mot avec le
qualificatif « de souche », exercice ironique que toute personne de
bonne foi (j’hésite d’ailleurs à utiliser le mot « foi » car il semble
tabou en France…) comprenait très bien du reste.
Ce qui me surprend plutôt de
la part des médias qui invitent Hortefeux à aligner des phrases, c’est
l’acceptation tranquille et extrêmement dangereuse de ce même concept coloniale
et raciste qu’est : « français de souche ». La langue Française
étant si riche, elle permet cette belle gymnastique verbale à fin de ne pas dire
« Blanc », car dans le fond, nous savons tous quelle image mental nous
devons recevoir en entendant « Français de souche »...
Alors, on
l’aura compris, Hortefeux est bien « de souche » lui, et il ne permet
pas que sa « souche » soit moquée ! Surtout par une indigène. Vu
que le ministre a le temps entre quatre rafles de femmes « sans
papiers » (celles à qui le président Sarkozy avait promis l’aide de la
France lors de son discours d’élection… ?), de se lancer dans la deuxième
croisade, c’est-à-dire après celle de la pensée unique, celle du langage
unique ; je souhaiterai ardemment qu’il nous explique, dans l’Express
pourquoi pas, quels sont les Français, qui selon lui, se qualifient comme
« souchistes » ? Est-ce que seul un « souchiste » peut
se moquer d’un « souchiste » ? Existe-t-il des « Français de
demi souche » ? Ou encore de « quart de
souche » ?
Sur un plan très personnel, une partie de ma famille a
du fuir la France en 40, justement parce que sa « souche » n’était pas
suffisamment française aux yeux des autorités Françaises de l’époque. Le 27
septembre 1940, le gouvernement Français sortait une « loi »
permettant d’interner les « étrangers » (tiens tiens…) censés être
trop nombreux pour le bien de l’économie française. Précisons qu’ils avaient
pourtant « les papiers », ce qui prouve bien que quand la
« souche » le décide, les papiers ne sont plus garants de
l’appartenance à la collectivité…
Le fait que l’on ait maintenant un
ministère de l’identité national me fait horreur, mais qu’en plus son ministre
se permette de venir nous dire comment parler, est une aberration inquiétante
pour l’avenir proche.
Je vous répète donc ma question
Mr Hortefeux : si j’ai bien compris, le concept de « Français de
souche » ne vous gène pas le moins du monde, ce qui vous choque c’est
simplement que l’on s’en moque. Que pensez vous de
« souchiste » ? Ça va ?
Philippe Kohn (Montréal, le
20juin08)
Publié par
Jez
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17:54
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