
Si tu veux l’Europe, prépare la guerre
« L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre », rappelait Robert Schuman en annonçant, le 9 mai 1950, la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Quelques jours plus tôt, Jean Monnet lui avait soufflé un slogan : « Faire l’Europe, c’est faire la paix (1). » La paix : aspiration des peuples meurtris par deux conflits mondiaux et menacés d’un troisième, elle justifia la construction du Marché commun. Puis elle fournit un argument décisif lorsqu’il fallut valider la monnaie unique par les urnes alors que les nationalismes embrasaient les Balkans. Peu avant le référendum sur le traité de Maastricht de septembre 1992, Jacques Delors prêchait ainsi : « On ne peut dire que “oui”, oui à la paix, oui à la compréhension entre les peuples » (L’Yonne républicaine, 24 août 1992). En 2005, les partisans de la Constitution européenne expliquèrent à nouveau : « Il nous est demandé de choisir entre la routine de la guerre et l’aventure de la paix (2). » Las ! Après les « non » français, néerlandais puis irlandais, l’heure aurait sonné, nous explique le journaliste Jean Quatremer, de remiser « cette vision du monde “woodstockienne” » au grenier des idées mortes. Pour secouer l’indolente populace européenne d’un souffle plus viril. « Et si Vladimir Poutine avait rendu un service à la construction européenne en envahissant la Géorgie ? », s’interroge-t-il dans Libération (9 septembre). Puisque rien ni personne n’est parvenu à cheviller l’amour de l’Union au corps des citoyens, « on peut se demander si un “ennemi” n’est pas la condition sine qua non, surtout pour une société européenne qui n’a même plus conscience du confort dans laquelle elle vit, pour qu’émergent une identité commune et un sentiment d’appartenance. » Lesquels tardent à se manifester. « En clair, développe Quatremer, la guerre ou plutôt la possibilité d’une guerre est la condition pour que l’Union s’affirme selon les mêmes mécanismes qui ont permis aux Etats-nations de se construire. » Les affrontement dans le Caucase en offrent l’occasion, poursuit le correspondant de Libération à Bruxelles, bien en phase avec la ligne farouchement atlantiste de son journal. « Le choix qui se pose désormais à l’Union est brutal : la soumission ou l’affirmation de sa puissance militaire. » Un demi-siècle après le traité de Rome, il ne s’agirait plus de faire l’Europe pour faire la paix. Mais de faire la guerre pour faire l’Europe.
Pierre Rimbert.
(1) « Mémorandum Monnet » du 3 mai 1950.
(2) Philippe Val, Le Référendum des lâches, Le Cherche Midi, Paris, 2005, p. 113.
jeudi 2 octobre 2008
Faire la guerre pour faire l'Europe
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Jez
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Libellés : Europe, expansionisme, guerre, impérialisme, paix, propagande
lundi 22 septembre 2008
Val fait pipi à la culotte
Rencontre Val-BHL chez Chancel à la neuvième minute. Je n'ai lu ni "Le référendum des lâches" de Ph. V., ni quoique ce soit de Jürgen Habermas. Cependant le rapprochement entre quoique Val aie pu écrire et quoiqu'un philosophe (Allemand qui plus est!) et sociologue aussi réputé que Habermas (tellement réputé que je le prenais pour un contemporain de Kant ou Hegel!) aie pu écrire, en dit long sur les qualités de philosophe de l'entarté national. Du pur plaisir carlésien cette vidéo!
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Libellés : BHL, Jürgen Habermas, Philippe Val, Pierre Carles
lundi 15 septembre 2008
Lu dans la presse
En bref Israël. le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a affirmé samedi soir que son mouvement souhaitait qu'un accord intervienne le "plus rapidement possible" pour la libération de prisonniers palestiniens en échange du soldat israélien Gilad Shalit. Celui-ci est détenu à Gaza depuis plus de deux ans.
A en croire Metro, les prisonniers palestiniens sont sans noms. Pas plus le franco-palestinien abandonné par Sarkozy Salah Hamouri que Obaidah A. ni quelconque autre prisonnier palestinien qu'il aie du 'sang sur les mains' ou non. Seul le soldat-prisonnier Shalit a un nom.
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Jez
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Libellés : France, Gilad Shalit, hamas, Israël, medias, Obaidah A., Palestine, Palestiniens, Salah Hamouri
Un Fait Divers
C’est arrivé dans un quartier banal, d’une ville banale, un matin de septembre. Vous en avez peut-être entendu parler. Furtivement. Le sujet est passé, comme tant d’autres, par la case « faits divers ». Mardi 2 septembre, à Istres (13), Morgane S., mère de trois enfants, s’est jetée du balcon de son appartement, au quatrième étage. Elle est décédée trente minutes après le choc. Chez elle, il y avait ses deux plus jeunes enfants, âgés de 4 ans et dix-huit mois. Il y avait aussi un huissier, un policier, un serrurier et un déménageur, venus pour l’expulser. Cela faisait 22 mois qu’elle et son mari n’avaient pas payé leur loyer. Pour une dette totale d’environ 10 000 euros. Le prix d’une vie.
(...)
D’après les services sociaux de la ville d’Istres, tout avait été fait pour tenter de négocier avec Morgane S., mais elle ne répondait plus. Elle s’était isolée, a confirmé son entourage. La solution, c’était donc de la jeter à la rue avec ses enfants, devant eux, forces de l’ordre en renfort ? À un problème de civilisation, on donne une réponse technique : « ne venait plus au rendez-vous ».
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Libellés : medias, pauvreté, solidarité
jeudi 11 septembre 2008
samedi 30 août 2008
Après le caricaturiste, le journaliste

Au début de l'été, on a eu l'affaire 'Siné', licencié de Charlie Hebdo pour 'antisémitisme' . C'est bientôt la rentrée, et c'est au tour du journaliste Richard Labévière de se voir licencié de RFI pour 'faute grave'. Cette faute serait de n'avoir pas informé sa hiérarchie de son intention d'interviewer le président Syrien Assad et/ou d'avoir partagé l'interview avec un journaliste de TV5. Etant donné le peu de fondement apparent pour ces deux explixations, on ne peut que se demander si sa 'faute grave' n'a pas été d'avoir été un peu trop 'pro-arabe' à défaut d''anti-sioniste', voire 'antisémite'.
Acrimed (Communiqué CFDT et extrait de déclarations de Labévière)
Le Post
Quelque soit le bien fondé ou la pertinence de son accusation principale - l’occultation planifiée et contrôlée par les responsables médiatiques français de tout élément d’information susceptible de nuire à l’image d’Israël et, dans une moindre mesure, à celle des Etats-Unis-, le chercheur, jusqu’alors reconnu et respecté, va rejoindre la cohorte des "excommuniés" du paysage audiovisuel hexagonal. Sans qu’il y ait d’équivalence dans leur carrière ou leur personnalité, ces hommes partagent le même lot : celui des pestiférés contraints de s’exiler ou de s’exprimer essentiellement à travers le Web pour continuer leur travail. Ils sont légion : Dieudonné, Soral, Nabe, Meyssan, Ramadan, Ménargues, Siné et d’innombrables anonymes des sphères artistiques, politiques, médiatiques, militaires et universitaires. Bienvenue au club , Richard.Le Monde Diplomatique ('Christine Ockrent, la voix de la France')
Pétition en ligne en faveur de Richard Labévière
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Jez
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Libellés : censure, Christine Ockrent, Moyen-Orient, RFI, Richard Labévière
jeudi 21 août 2008
"Déssiner un juif en Nazi, c'est toujours dégeulasse" - Philippe Val
Monsieur Philippe Val, grand inculte devant l'éternel, ferait bien de se pencher sur l'histoire, et notemment l'histoire du sionisme. Il pourrait pour commencer s'instruire sur le cas de Ze'ev_Jabotinsky.
Il pourra aussi se documenter sur la position du premier Premier Ministre israélien, David Ben-Gurion durant la Shoah vis-à-vis de l'émigration massive de juifs allemands vers le Royaume-Uni (En anglais, voir ici) et vis-à-vis de l'émigration de juifs trop vieux ou faibles vers la Palestine.
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Jez
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21:29
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Libellés : antisémitisme, Ben Gurion, El-Kabbach, Jabotinsky, juifs, Philippe Val, Plantu, sionisme


