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lundi 22 septembre 2008

Val fait pipi à la culotte

Le Plan B



Rencontre Val-BHL chez Chancel à la neuvième minute. Je n'ai lu ni "Le référendum des lâches" de Ph. V., ni quoique ce soit de Jürgen Habermas. Cependant le rapprochement entre quoique Val aie pu écrire et quoiqu'un philosophe (Allemand qui plus est!) et sociologue aussi réputé que Habermas (tellement réputé que je le prenais pour un contemporain de Kant ou Hegel!) aie pu écrire, en dit long sur les qualités de philosophe de l'entarté national. Du pur plaisir carlésien cette vidéo!

mardi 8 juillet 2008

Quand un journaliste écrit vraiment n'importe quoi!


On pourrait passer sur « Gilles Carle », produit synthétique (« au-delà des apparences ») de Gilles Balbastre et de Pierre Carles (avec un s). On pourrait oublier aussi cette autre inexactitude : Serge Halimi n’a pas créé PLPL ou alors pas plus que les autres collaborateurs de PLPL directement associés au premier numéro [4]. Poulet relève que Péan et Cohen avaient fait l’erreur de publier leur livre sans vérifications et qu’il y avait donc trop d’erreurs et de coquilles : "Cette accumulation de ’détails’ erronés est pour le moins fâcheuse" (p. 27). On ne saurait mieux dire.


PLPL
Gilles Carle
Gilles Balbastre
Pierre Carles

mardi 27 mai 2008

La téloche, hein tintin!

Au-delà du plaisir de voir ce côté pas si surprenant de Pascal Sevran (RIP), il est bon de se demander combien d'émissions de TV ne sont pas ainsi préparées? Voir Pierre Carles, Enfin Pris (deuxième vidéo, 31è minute).

jeudi 22 mai 2008

Pierre Carles, la télé, la récupération, la rébellion, l'assimilation




Pierre Carles Interview

Ils sont produits par Canal + et d'une certaine manière c'est Vivendi qui dit : «Tiens faites nous un truc sur la corruption». Il ne faut pas déconner quoi, on ne doit pas accepter cela. Le système est tellement fort aujourd'hui qu'il est capable de te commander un truc pareil, y compris en te donnant carte blanche, et en t'expliquant que tu as toute latitude pour faire ce que tu veux. Michael Moore le dit : «Mon dernier film est financé par la Warner Bros », autrement dit par une firme multinationale. Ses livres paraissent chez un très gros éditeur . Et très vite on t'assigne une place qui est celle du bouffon du roi. C'est une autre manière de neutraliser les gens, que de leur assigner une place : les mettre à une place où on les attend, comme les Guignols, on les attend à sur ce terrain-là, donc ils n'ont plus aucun pouvoir subversif. C'est admis, ils peuvent dire tout ce qu'ils veulent sur Messier, les gens s'en branlent, on s'en fout. Je suis très attentif à ça, à la place qu'on risque de t'assigner, et j'essaye ne pas m'y trouver, de me déplacer, de ne pas être là où on m'attend. Messier, un jour, dans une émission de Michel Field sur France 3, a dit un truc terrible. Il a pu jouer les grands seigneurs. José Bové l'attaquait sur le plateau sur lequel se trouvait également les gens du groupe Zebda, qui disaient «ouais c'est scandaleux le capitalisme machin, les multinationales et tout ce bordel». Messier leur a répondu : «Moi, je trouve très bien que des gens comme vous puissent s'exprimer. D'ailleurs, c'est moi, avec la maison de disque Universal, qui produit les disques de Zebda, et José Bové est édité par les éditions La Découverte contrôlés par Vivendi». Il les a flingué. Qu'est ce que tu veux dire après ça. Il leur balance "c'est moi qui ai décidé que tu puisses parler mon gars, donc vas-y causes toujours ». La démocratie, dans notre société c'est ça : "Cause toujours". «Vas y tu peux parler, attaque-moi même si ça m'amuse». Quand tu te retrouves pris dans ce système-là, tu dois te tirer, tu ne dois surtout pas te prêter à ce jeu-là. Sinon, tu te fais aussitôt instrumentaliser par l'adversaire. Messier était ravi d'être interviewé par Philippe Val dans Charlie Hebdo, il s'en est même servi un peu plus tard dans son plan de communication. Il voulait montrer qu'il était prêt à discuter avec tout le monde. Il ne faut pas entamer de discussion avec ces gens-là, on ne discute pas avec des types pareils. Discuter avec ces gens-là, c'est leur donner une partie de ton capital, les considérer comme digne d'intérêt, comme interlocuteur valable. Surtout pas. Il faut éviter à tout prix qu'ils acquièrent ce statut-là. A ce propos, j'ai eu une discussion avec Denis Robert qui venait de passer dans une émission de Jean-Luc Delarue, Ça se discute. Il venait présenter un bouquin, Pendant les affaires les affaires continuent. Et il y avait Alain Lamassoure, à l'époque ministre de Balladur, qu'il a attaqué assez violemment en disant «vous êtes un corrupteur, vous participez à ce système de corruption, etc». Il disait cela dans l'émission de Delarue mais sans jamais s'en prendre à ce dernier. Je lui ai dit : «C'est quand même incroyable, tu passes dans l'émission d'un type qui est lui aussi un escroc mais légal puisqu'il ponctionne le plus normalement du monde le fric public en revendant à une chaîne de service public des émissions surfacturées ou faisant une marge incroyable. Donc là tu as un politique et à côté de toi, tu as un type qui t'invite à dénoncer ces choses-là et qui est peut-être plus corrupteur que le politique mis en question, ton silence par rapport à ce mec là vaut approbation, vaut caution, vaut alibi.» Et ça c'est des trucs sur lesquels je suis en désaccord total avec des gens comme Denis Robert. On ne peut pas aller à la télé sans dégommer les gens de télé quand tu vois le rôle qu'ils jouent. On ne doit surtout pas leur servir la soupe dans leurs émissions en se prêtant à ce petit jeu.

(...)

Quand les Inrockuptibles t’invitent, c'est dû quand même à un succès et tu y vas franco ?

Ils ne m’invitent pas, ils me commandent une "Semaine de l'invité" sous forme de carte blanche. Et j'ai fait ce que ne font pas habituellement les gens qu'ils sollicitent : je commence par les insulter, par ne pas me priver de dire ce que je pense d'eux dire. C'est ce qui a posé problème puisqu'ils n'ont pas publié le texte qu'il m'avaient commandé. Car moi, contrairement à Denis Robert, je ne dis pas «ah les Inrocks c'est pas mal parce qu'ils m'ont invité». C'est plus fort que moi, je n'arrive pas à m'empêcher de mordre la main des gens qui me veulent du bien et dont je pense du mal, des amis dont on se passerait bien. Je ne sais plus quel journaliste nord-américain disait qu'il fallait parfois mordre la main de son lecteur plutôt que de le caresser dans le sens du poil. Moi mon truc, c'est mordre la main de celui qui te nourrit. C'est ce qui s'est passé avec Charlie Hebdo qui m'avait appuyé au moment de la sortie de Pas vu pas pris. C'est pareil, je ne leur dois rien. Le jour où j'ai trouvé que la position de Philippe Val, le rédacteur en chef du journal, sur l'intervention de l'OTAN au Kosovo ou l'appui à la candidature de Cohn Bendit étaient scandaleux, je ne me suis pas privé de le lui dire. Depuis je suis tricard à Charlie hebdo mais ce n'est pas grave. Il ne faut jamais se mettre dans une situation de dépendance à l'égard de qui que ce soit, surtout avec des gens qui veulent faire ami-ami.

(...)

Il n'est pas dupe quand il va chez les grévistes…

Oui, mais ça ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus chez Bourdieu, c'est plutôt qu'il produise les outils pour comprendre les mécanismes de domination. Ce qui m'intéresse c'est quand il explique que les gens ne sont pas dominés par la force et qu'ils se dominent eux mêmes, qu'ils incorporent ces processus de domination, et que les pauvres finissent par se persuader qu'ils sont vraiment pauvres, et qu'il n'y a pas besoin de leur dire, qu'ils resteront à leur place tout le temps. Ils s'en sont auto-persuadés eux-mêmes, enfin c'est ce phénomène là qui m'intéresse. Si tu ne comprends pas ces mécanismes, là tu ne peux pas changer les choses.
Ce qui est vraiment plaisant c'est que contrairement à certaines stars de la sociologie, il reste assez humble, il arrive à se mettre au niveau des gens à qui il parle….