mardi 24 juin 2008

Commission de sages juifs sauve la face à Sarkozy


Le Monde

Ce texte ministériel s'inspire des recommandations de la mission présidée par Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'association de la Maison d'Izieu et ancienne inspectrice générale. Composé de quinze personnalités et membres d'association dont Simone Veil, Claude Lanzmann et Serge Klarsfeld, ce groupe de travail avait été chargé par le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, de réfléchir à la mise en oeuvre de la proposition présidentielle. Il avait aussi pour but d'apaiser les esprits après le tollé que cette annonce avait suscité chez les enseignants, parents d'élèves, psychologues, mais aussi au sein d'une partie de la communauté juive.

L'idée du parrainage individuel est abandonnée au profit d'un travail plus collectif sur les enfants de la Shoah, disparus mais aussi témoins ou sauvés par des Justes. "La thématique des enfants victimes constitue l'approche privilégiée pour enseigner l'histoire de la Shoah en classe de cours élémentaire : partir d'un nom, d'un visage, d'un itinéraire, de l'exemple singulier d'une famille dont l'histoire est liée aux lieux proches - l'école, la commune, le département - constitue une approche pédagogique respectueuse de la sensibilité des enfants", indique le projet de circulaire.

dimanche 22 juin 2008

Et souchiste? Ca va?


Indigènes


De mon exil Québécois, j’ai découvert avec stupeur les propos
du ministre de l’immigration et de l’identité nationale au sujet de Houria
Bouteldja et du Mouvement des Indigènes de la République. Après un moment j’ai
été ravi de constater que finalement en France tout va pour le mieux, vu qu’un
ministre en fonction, ici le ministre Hortefeux, a beaucoup de temps à consacrer
à l’interprétation linguistique puis à la traque de ce qu’il estime être un
langage délictueux. Alors évidemment Houria Bouteldja, après le tollé soulevé
par son expression « souchien », auprès des journalistes souffrant de
paranoïa auditive à géométrie variable (vu que les insultes
« Redekiennes » et quotidiennes envers les musulmans semblent être de
bon goût), avait expliqué que bien sûr il s’agit d’un jeu de mot avec le
qualificatif « de souche », exercice ironique que toute personne de
bonne foi (j’hésite d’ailleurs à utiliser le mot « foi » car il semble
tabou en France…) comprenait très bien du reste.
Ce qui me surprend plutôt de
la part des médias qui invitent Hortefeux à aligner des phrases, c’est
l’acceptation tranquille et extrêmement dangereuse de ce même concept coloniale
et raciste qu’est : « français de souche ». La langue Française
étant si riche, elle permet cette belle gymnastique verbale à fin de ne pas dire
« Blanc », car dans le fond, nous savons tous quelle image mental nous
devons recevoir en entendant « Français de souche »...
Alors, on
l’aura compris, Hortefeux est bien « de souche » lui, et il ne permet
pas que sa « souche » soit moquée ! Surtout par une indigène. Vu
que le ministre a le temps entre quatre rafles de femmes « sans
papiers » (celles à qui le président Sarkozy avait promis l’aide de la
France lors de son discours d’élection… ?), de se lancer dans la deuxième
croisade, c’est-à-dire après celle de la pensée unique, celle du langage
unique ; je souhaiterai ardemment qu’il nous explique, dans l’Express
pourquoi pas, quels sont les Français, qui selon lui, se qualifient comme
« souchistes » ? Est-ce que seul un « souchiste » peut
se moquer d’un « souchiste » ? Existe-t-il des « Français de
demi souche » ? Ou encore de « quart de
souche » ?
Sur un plan très personnel, une partie de ma famille a
du fuir la France en 40, justement parce que sa « souche » n’était pas
suffisamment française aux yeux des autorités Françaises de l’époque. Le 27
septembre 1940, le gouvernement Français sortait une « loi »
permettant d’interner les « étrangers » (tiens tiens…) censés être
trop nombreux pour le bien de l’économie française. Précisons qu’ils avaient
pourtant « les papiers », ce qui prouve bien que quand la
« souche » le décide, les papiers ne sont plus garants de
l’appartenance à la collectivité…
Le fait que l’on ait maintenant un
ministère de l’identité national me fait horreur, mais qu’en plus son ministre
se permette de venir nous dire comment parler, est une aberration inquiétante
pour l’avenir proche.
Je vous répète donc ma question
Mr Hortefeux : si j’ai bien compris, le concept de « Français de
souche » ne vous gène pas le moins du monde, ce qui vous choque c’est
simplement que l’on s’en moque. Que pensez vous de
« souchiste » ? Ça va ?
Philippe Kohn (Montréal, le
20juin08)

vendredi 20 juin 2008

Nicolas Sarkozy serait à nouveau lauréat humanitaire

Selon le Canard Enchaîné (pour l'instant la seule source), le Prix Humanitaire de la Fondation Elie Wiesel pour l'Humanité irait cette année à notre cher président. Ce ne serait pas tout à fait une surprise, étant donné qu'en 2003 déja, alors ministre du Kärcher, il fût le lauréat du Prix Humanitaire du Centre Simon Wiesenthal. Je n'arrive pas à savoir si en 2003 déja le petit Nicolas avait chanté le Lech' Bottes Blues devant le CRIF...

jeudi 19 juin 2008

Et le chantage européen continue




Jean-Claude Juncker


Mais demain, d’ici à 50 ans, si nous ne réussissons pas
à maintenir l’Europe qui nous permet de régler pacifiquement nos conflits, nous assisterons au retour des vieux démons. C’est écrit dans l’histoire, c’est inscrit dans le sol européen, c’est inscrit dans ses cimetières. Je sais que ce discours ne passe plus. Ce n’est pas une raison pour ne pas le
tenir.


Juncker et ses collègues devraient peut-être intérroger les citoyens eux-mêmes afin de savoir ce qu'ils pensent de ce traité et de ce référendum. Ils apprendraient sans doute qu'avant tout les citoyens s'insurgent contre l'aspect anti-démocratique du processus. Déja, en 2005, certains ont pu voter et d'autres non. De plus, nos dirigeants n'ont eu que faire de notre décision. Il semblerait d'ailleurs qu'il en soit de même aujourd'hui, puisque comme le rapporte le Guardian, Sarkozy et les siens commencent déja à mettre la pression sur l'Irlande pour que ses dirigeants organisent un nouveau vote. Le résultat ne convient pas? Peu importe, ils revoteront jusqu'à ce qu'ils votent comme on veut.

Aussi,
Mercredi déja, le Canard Enchainé rapportait ces mots de Jacques Delors:

Franchement, on n'a jamais donné autant à un pays de l'Union qu'à l'Irlande. Donc, si les Européens ont un peu de courage, qu'ils continuent sans l'Irlande. Sinon il n'y a plus d'Europe politique: l'Europe, ça devient "prends l'oseille et tire-toi".

Et Sarkozy, toujours dans le Canard:

Ces Irlandais sont vraiment des cons. Ils se sont
goinfrés sur le dos de l'Europe pendant des années, et maintenant ils nous
foutent le bordel.

C'est vrai que les Français, eux, ne se sont goinfrés pendant des siècles que sur le dos des colonies. Ce n'est pas pareil.

Ces leaders auto-proclamés de l'Europe apprendraient finalement, en écoutant le peuple, qu'auprès de celui-ci, le chantage à la guerre ou à l'éviction ne lave pas.

Fort heureusement, il y a d'autres obstacles à franchir pour nos chers despotes. Tout d'abord, un juge de la High Court (cour suprême) Britannique a
ordonné le premier ministre Brown d'attendre le résultat d'une instruction sur le caractère anti-démocratique de la ratification du traité. De plus, le gouvernement tchèque est contraint, comme s'en lamente Le Monde, d'attendre l'avis de la Cour constitutionnelle tchèque sur la ratification.

Qui a peur des sportives voilées?


Le Monde

"La charte olympique impose la neutralité. On ne peut pas l'invoquer pour les badges français et l'ignorer à propos du foulard, continue-t-elle. Selon la règle 51, en effet, aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, un site ou un autre emplacement olympique"

Est-il si difficile de comprendre que le port du voile ne constitue pas un acte de propagande? J'aurais bien sûr voulu voir les athlètes porter un badge 'pour un monde meilleur' (bien que ça n'aurait pas eu la portée des poings gantés des vainqueurs noirs américains à Mexico en 1968!), mais quel esprit un tant soit peu rationnel ne peut voir le fossé qui sépare le port d'un signe religieux de celui d'un badge politique?

"Ne pas envoyer de concurrentes ou les envoyer voilées, c'est la même
chose ! Une femme qui vit en Iran ne va pas se laisser mourir chez elle sous prétexte qu'elle refuse de porter le foulard, c'est évident. Mais là, nous parlons des Jeux ! La vraie question c'est : croit-on en des valeurs
universelles ou non? A l'époque, les athlètes Nawal el-Motawakel et Hassiba Boulmerka avaient été menacées parce qu'elles avaient couru en short. Si on autorise le hidjab, ces femmes-là n'auront plus le choix, elles devront le porter !"


Mais voila bien le problème:les 'valeurs universelles'. Serait-ce une valeur universelle de déterminer à la place des femmes si elles sont opprimées ou non? On croit rêver...sauf qu'en lisant nos médias on croirait presque que de telles péripéties du sens démocratique et humaniste sont, pour le coup, et dans la République du moins, universelles. Y a-t-il encore espoir? Oh! mon dieu, dites moi que oui (-;

mercredi 18 juin 2008

Les valeurs démocratiques quasi absentes de l'analyse

Libération

Fossé. L’examen des résultats montre que le scénario de 2001 - quand l’Irlande avait rejeté le Traité de Nice - s’est répété. Dans le Nord-Ouest, le non franchit la barre des 60 %. Dans la banlieue sud-ouest de Dublin, il dépasse les 65 %. Mais dans le sud de la capitale irlandaise, les pro-traité ont voté à près de 63 % pour Lisbonne. Le fossé se creuse entre les zones des classes moyennes et privilégiées et celles plus défavorisées ou rurales. «Ces dernières se sont probablement senties menacées par la concurrence étrangère, une baisse des salaires, un risque d’affaiblissement des protections sociales», analyse Ben Tonra, spécialiste des questions européennes à l’université de Dublin. Par ailleurs, les «anti» ont mené une campagne attrape-tout ratissant de l’extrême gauche à l’extrême droite, et mêlant des dizaines d’arguments ou de revendications catégorielles concrètes (avortement, fiscalité, neutralité, etc.). Et ils se sont trouvés un tribun en la personne de Declan Ganley.

En poussant l'analyse simpliste, on pourrait dire peut-être que les riches et/ou les urbains se foutent royalement du caractère démocratique ou non des institutions européennes. Plus finement, peut-être, cela montre que pour ceux qui n'ont pas trop (voire pas du tout) à se soucier du lendemain, l'UE n'est qu'un gros joujou avec lequel on tue le temps ou on se prend à rêver de 'fraternité entre les peuples'.

dimanche 15 juin 2008

Libération (entre autres) piétine les valeurs démocratiques. Appelez les bombardiers américains!


Libé

Voila un magnifique éxercice en chantage, condéscendence, hypocrisie. C'est tout bonnement méprisant non seulement pour les Irlandais mais aussi pour les Français et les Hollandais ainsi que tous les Européens à qui on n'a même pas demandé l'avis par voie de référendum. Quel attitude ignoble que celle de prétendre que les Irlandais doivent leur situation présente à l'Europe et devraient donc laisser tomber leurs choix démocratiques et obéir aux ordres. Je dirais même plus (mon cher Dupond!): c'est d'une suffisance époustouflante! Un Irlandais qui lirait ces lignes de Libé serait en droit de se dire que les Français sont décidémment un peuple bien arrogant... Libé n'a apparemment pas non plus beaucoup d'intérêt pour les valeurs démocratiques et sociales que pourtant il représente (à tort nul doute) dans l'imaginaire commun. Le référendum ne serait qu'une entrave à l'Europe tant voulue par les "élus, [les] chefs d'entreprises [et les] médias". On ne pourrait pas faire confiance au(x) peuple(s). C'est beau comme un journal issu de la révolte sociale!

Voire aussi Acrimed