Le contre-pouvoir doit donc se saisir des outils encore à sa disposition, notamment de la démocratie au niveau national. Hélas, quand la démocratie permet de contrecarrer les désirs des élites, celles-ci s’arrangent pour passer outre. Écoutons Nicolas Sarkozy, qui avouait devant des parlementaires européens dans une réunion privée à Strasbourg, le 14 novembre dernier : « La France a simplement devancé les autres pays en votant non [au référendum constitutionnel en 2005]. Cela arriverait dans les autres États membres s’ils avaient un référendum ; il y a clivage entre les peuples et les gouvernements. Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en péril. Il n’y aurait pas de traité si nous avions un référendum en France(2). » Comme le traité incorpore la quasi-totalité de la défunte Constitution avec seulement des « changements cosmétiques » [ dixit Valéry Giscard d’Estaing], comme on a décidé qu’il doit passer, on annulera purement et simplement le vote des Français du 29 mai 2005. Si Hugo Chavez avait refusé de reconnaître les résultats du référendum du 2 décembre 2007 au Venezuela [qu’il a perdu non pas par 54,7 à 45,3 %, mais par 50,7 à 49,3 %], on imagine les cris d’orfraie des élites françaises et européennes ! Celles-ci s’accommodent toutefois fort bien de ce déni chez elles.
Susan George
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jeudi 12 juin 2008
Alors que les Irlandais 'font trembler l'Europe', revenons en arrière
Publié par
Jez
à
11:48
|
Libellés : autoritarisme, Constitution, démocratie, Europe, Irlande, Lisbonne, Référendum, Susan George, traité
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